Belle-Île, ma bien nommée A tous ceux qui l’aident à renaître Écoutez Armelle Chanter : Belle-Ile,
Ma Bien Nommée
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Je t’avais chanté, soleil de Belle-Île En milieu de mer, superbe rocher Je t’avais cherché, petit coin tranquille Le long des chemins ourlés de genêts. Puis je t’ai choisie des années plus tard Comme une amoureuse je me suis donnée Tu étais lumière, tu étais le phare, Souffle de bonheur, de sérénité. Mon île, ma belle, ma bien aimée Mon île, ma belle, ma bien nommée Comment vas-tu vivre après la tempête Des éclaboussures au creux des rochers On t’a recouverte un matin de fête Du limon stérile d’un bateau cassé Au large de toi je guette, angoissée Ces flaques de mort, ces oiseaux meurtris, Qui perdent leurs ailes et vont s’échouer Sur les criques belles de ton paradis. Mon île, ma belle, ma bien aimée Mon île, ma belle, ma bien nommée Il faudra du temps, des larmes, du courage Pour te soulager de ce lourd manteau Qui étouffe la roche et fige les plages D’un silence épais, triste et sans écho. Je t’aimerai pourtant avec tes souillures Pour que tu respires on fera la chaîne Le long de tes flancs couverts de blessures Alors tu renaîtras de cette peine. Mon île, ma belle, ma bien aimée Mon île, ma belle, ma bien nommée |
Mais tu nous rassembles dans ta maladie Nous nous rejoignons au bas de tes côtes On se tient la main autour de ton lit C’est peut-être ça qui nous réconforte Touristes d’un jour ou jeunes recrues Etrangers à l’île ou grands amoureux Les petits, les grands et les méconnus Tout le monde essaie de faire de son mieux. Mon île, ma belle, ma bien aimée Mon île, ma belle, ma bien nommée J’ai pleuré pour toi sur le sable noir Devant la marée charriant les oiseaux Mais je voudrais tant que ce cauchemar Au delà de toi, au delà de l’eau Nous fasse comprendre que les chemins Que nous empruntons cassent les bateaux Noircissent nos plages, polluent nos matins Et que ton image en soit le flambeau Mon île, ma belle, ma bien aimée Mon île, ma belle, ma bien nommée Je t’avais chanté, soleil de Belle-Île En milieu de mer, superbe rocher Je t’avais cherché « petit coin tranquille » Le long des chemins ourlés de genêts Mon île, ma belle, ma bien aimée Mon île, ma belle, ma bien nommée. |
Armelle BAZIN Janvier 2000. |